Témoignages

Yolaine

Yolaine Carver

11 novembre 2014

Agglomération de Québec

Cégep, université, CFP, éducation aux adultes

Dans le cadre de mon passage à l’école hôtelière de la Capitale comme conseillère d’orientation, j’ai eu le privilège d’admettre, d’accompagner et de voir diplômer une foule d’immigrants dans les métiers en alimentation (boucherie de détail, boulangerie, cuisine, pâtisserie et service de la restauration) et en tourisme (vente de voyages). Quand je pense à ces personnes, je vois une maman africaine qui, contre toutes attentes, a réussi une formation en cuisine à temps-plein de soir avec 5 enfants à charge. Nul doute qu’elle devait avoir un réseau social riche pour la soutenir dans son projet. Je pense à cette cliente qui, avec son voile, a fait tomber tous les préjugés pour être vue telle qu’elle était, soit une grande dame avec d’excellentes mains de pâtissière. Je pense à ces hommes musulmans venus directement des pays du Maghreb, avec des permis d’études obtenus après 1 à 2 ans de démarches administratives lourdes, pour faire une formation en boucherie de détail. Pour eux, débiter le porc n’était pas en désaccord avec leurs croyances religieuses puisque cet acte leur permettrait de subvenir aux besoins de leur famille. Enfin, je pense à cet homme, vétérinaire dans son pays, venu apprendre le métier de boucher pour retrouver sa dignité, soit de travailler et de subvenir aux besoins de sa femme et de ses deux enfants. Les immigrants ont beaucoup à nous apprendre. Pour ma part, ils m’ont appris l’importance et la dignité du travail et le sens de l’entraide et de la famille.